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Valentino printemps-été 2027 : quand la mode entre en bibliothèque

Pour son printemps-été 2027, Valentino délaisse les décors spectaculaires pour l’un des lieux les plus chargés d’histoire de Paris : la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Sous la direction d’Alessandro Michele, la maison italienne y dévoile « Antibiblioteca », une collection où corsets de soie, dentelles, plumes, bijoux baroques et couleurs éclatantes composent une garde-robe aussi romanesque qu’exubérante. Mais le créateur va plus loin : chaque invité était convié à apporter un livre, destiné à être donné à une bibliothèque. Une manière inattendue de rappeler qu’un vêtement, comme un roman, raconte toujours une histoire.

Une Fashion Week au milieu des livres

Pour présenter sa nouvelle collection, Alessandro Michele a choisi la Bibliothèque Sainte-Geneviève, institution parisienne du XIXe siècle située face au Panthéon. Le décor suffit presque à raconter le défilé : longues tables de lecture, rayonnages chargés de volumes et architecture historique accueillent cette nouvelle vision de Valentino. Baptisé « Antibiblioteca: Catalogue of the Unread », le projet joue avec l’idée des livres que l’on possède, que l’on transmet ou que l’on n’a pas encore lus. Les invités eux-mêmes participaient à l’installation en apportant un ouvrage personnel destiné ensuite à être donné à des bibliothèques locales. Cynthia Erivo avait notamment choisi Giovanni’s Room de James Baldwin. Pour une Fashion Week habituée aux front rows où sacs et robes monopolisent l’attention, le livre devenait soudain l’accessoire le plus observé de la journée.

Le corset devient la pièce forte de l’été 2027

Sur le podium, Alessandro Michele poursuit le langage maximaliste qu’il développe depuis son arrivée chez Valentino. Le corset s’impose comme l’une des pièces centrales de la collection. Réalisé en soie et décliné dans des tonalités particulièrement franches — bleu, jaune ou rose — il se porte avec des jupes aux couleurs contrastantes plutôt que dans une interprétation romantique trop attendue. Ailleurs, les épaules se découvrent, les robes deviennent plus fluides et la lingerie quitte définitivement la sphère de l’intime. Cette tension entre sensualité et sophistication traverse toute la collection : le corps est montré, mais constamment entouré de matières précieuses, de bijoux et de détails qui transforment la silhouette.

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Dentelle et plumes : le romantisme version Alessandro Michele

Le romantisme Valentino n’a pas disparu, mais Alessandro Michele le débarrasse de toute sagesse. La dentelle se mêle aux transparences tandis que des bordures de plumes d’autruche accompagnent certaines silhouettes. Les robes bustier apportent une respiration plus classique au milieu de cet univers foisonnant. Le créateur continue ainsi de confronter différentes époques plutôt que de chercher une silhouette uniforme : quelque chose de très contemporain peut côtoyer un détail presque aristocratique, tandis qu’une pièce évoquant la lingerie est associée à des bijoux dignes d’un portrait ancien. Cette profusion pourrait sembler excessive ; elle constitue précisément la signature de Michele, qui préfère l’accumulation et la personnalité au minimalisme anonyme.

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Les bijoux XXL signent le retour de l’exubérance

Impossible de regarder cette collection sans remarquer les bijoux. Les colliers dorés prennent des proportions presque baroques et les boucles d’oreilles en perles s’agrandissent jusqu’à devenir de véritables éléments de la silhouette. L’accessoire ne vient plus simplement terminer un look : il participe à sa construction. Après plusieurs saisons dominées par une idée de luxe discret, Valentino revendique au contraire le plaisir d’être vu. Les sacs suivent la même logique, avec des modèles portés en bandoulière et des pochettes cloutées qui introduisent une touche plus dure au milieu de la soie, de la dentelle et des plumes.

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Chez Valentino, le masculin joue lui aussi avec les codes

La collection ne s’arrête pas au vestiaire féminin. Alessandro Michele brouille une nouvelle fois les frontières en faisant apparaître des chemises couvertes de sequins, des accessoires imposants et même des casquettes portant l’inscription « VILLAIN TEEN ». Le contraste avec le décor solennel de la Bibliothèque Sainte-Geneviève est volontaire. Chez Michele, la culture classique n’est jamais traitée comme quelque chose de figé : elle devient une matière que l’on peut détourner, mélanger et parfois provoquer. Cette liberté donne au défilé son énergie particulière et empêche l’opulence de sombrer dans la nostalgie.

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Le livre, nouvel accessoire du premier rang

L’une des idées les plus séduisantes du défilé se trouvait finalement hors du podium. Alexander Skarsgård, Cynthia Erivo, Law Roach et d’autres invités sont arrivés avec des livres à la main. Vogue a recensé les choix des convives, transformant le traditionnel exercice du front row en une sorte de portrait culturel collectif. L’initiative fonctionne parce qu’elle ne réduit pas le livre à un simple élément de décor : les ouvrages devaient être donnés après le show. À l’heure où chaque apparition de Fashion Week est immédiatement photographiée et diffusée sur les réseaux sociaux, Valentino détourne ainsi les codes de la visibilité pour placer un objet culturel au centre de l’image.

Valentino choisit une mode qui raconte quelque chose

Avec « Antibiblioteca », Alessandro Michele livre finalement bien davantage qu’une accumulation de belles robes. Le choix d’une bibliothèque, la présence des livres, les références historiques et cette garde-robe volontairement excessive participent tous au même récit : celui d’une mode qui refuse de devenir silencieuse. Valentino préfère la couleur, la sensualité, les bijoux surdimensionnés et les associations inattendues. Dans une Fashion Week printemps-été 2027 où plusieurs maisons cherchent justement à redéfinir leur identité, Alessandro Michele poursuit une voie immédiatement reconnaissable. Et après le spectaculaire Saint Laurent face à la tour Eiffel, la légèreté de Dior ou le retour à l’héritage de Balenciaga, Valentino apporte à Paris quelque chose de différent : un luxe cultivé, théâtral et profondément romanesque.